Sunday, March 18, 2007

YOKEMI 除け身



Photo 2ème Séminaire Zanshin-Madrid mars 2007


YOKE MI signifie « écarter le corps ». C’est le troisième kata de l’école (Suwari waza), le point de départ de son apprentissage.
Comme dans Muko no katana, dont il est dérivé, j’y apprends le dégainé (Nuki Tsuke) dans le plan horizontal - en tirant bien la main gauche vers l’arrière ! - la concentration du regard (Metsuke) sur l’adversaire, les principes de la coupe (je pose et je tire), une première version du Chiburi et du Noto de l’école. De même, ce kata s’effectue intégralement à genoux
Mais surtout, par rapport à Muko no katana, l’objectif principal est le déplacement latéral par rapport à l’axe de l’attaque adverse. Le travail du hara (ce sont les hanches qui commandent le pivotement) se fait non pas autour du genou arrière (muko no katana) mais du pied gauche. Le travail des jambes – toujours en position basse - s’effectue lui aussi en latéral (contrairement à Muko no katana, où ce mouvement des jambes reste dans l’axe avant-arrière). C’est ce qu’on appelle le Tai sabaki en japonais.


A suivre



2nd-Workshop Madrid march2007

Thursday, March 08, 2007

Le Maître ou le Tournoi de Go

Le Maître ou le Tournoi de Go

Titre original : 名人

Auteur : Kawabata Yasunari (川端康成)

Traduit par : Sylvie Regnault-Gatier

Edité par : Albin Michel et Le Livre de Poche

Date(s) d'origine : de 1951 à 1952
Présentation de l'éditeur


Yasunari Kawabata, le grand romancier japonais, prix Nobel de littérature en 1968, nous donne ici son oeuvre la plus dépouillée - celle qui lui tenait le plus à coeur. En racontant un tournoi de go, qui se déroula réellement en 1938 et qui est resté célèbre dans les annales de cet art, il analyse avec une minutie passionnée le drame d'un vieux lutteur qui succombe.

Car, sous le couvert d'un cérémonial quasi liturgique, dans le cadre séduisant d'une auberge de campagne japonaise, le vieux Maître, le héros jusqu'alors invaincu de tant d'autres "rencontres", mène son dernier combat. En face de lui, un adversaire plus jeune, qui représente une autre sensibilité, un autre monde. Le Japon ancien affronte le nouveau, la tradition se défend contre le changement.

Sans que nul élève la voix, mais dans un climat d'une tension parfois insoutenable, le vieil homme va tomber sous les coups d'une puissante presse affairiste, des ambitions de la génération montante, et des intrigues de son entourage. En contre-point, l'auteur, ce merveilleux poète qui était aussi un habile joueur de go, commente les coups de cette partie pour laquelle même les non-initiés se passionneront et qui devient, sous sa plume, un jeu de vie et de mort.

On songe au Hermann Hesse du Jeu des perles de verre, ou au Nabokov de La Défense Loujine. Comme eux, mais de la manière unique qui est celle des conteurs orientaux, Kawabata sait évoquer les pouvoirs d'un haut divertissement de l'esprit, et en manier les symboles. Ainsi parvient-il, sans effort apparent, à exprimer la réalité la plus vaste. "Il suffit d'une branche d'arbre bien peinte", a-t-il dit en citant le peintre chinois Chin Nung, "pour qu'on entende le bruit du vent."


Autres ouvrages de Kawabata Yasunari
L'Adolescent (少年)
Les Servantes d'auberge (温泉宿)
La Danseuse d'Izu (伊豆の踊子)
Chronique d'Asakusa (浅草紅団)
Pays de Neige (雪国)
Nuée d'oiseaux blancs (千羽鶴)
La beauté, tôt vouée à se défaire (散りぬるを)
Le Grondement de la montagne (山の音)
Récits de la Paume de la Main (掌の小説)
Le Lac (みずうみ)
Yumiura (弓浦市), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome I
Les Belles Endormies (眠れる美女)
Kyōto (古都)
Tristesse et Beauté (美しさと哀しみと)
Au Fond de l'être (人間のなか), dans Anthologie de nouvelles japonaises tome III
Correspondance (川端康成・三島由紀夫往復書簡)
La Grenade (ざくろ), dans Anthologie de nouvelles japonaises tome II.
Barques en bambou (笹舟), dans Anthologie de nouvelles japonaises tome II.
La Petite danseuse d'Izu (伊豆の踊子), dans le Bulletin de l'Association des Français du Japon n°87.
Histoire du visage de la morte (死顔の出来事), dans le Bulletin de l'Association des Français du Japon n°85.
L'Hiver vient (冬近し), dans France-Japon n°17.

Le Japon moderne et l’éthique du samouraï


Le Japon moderne et l’éthique du samouraï
La voie du Hagakuré
Ecrit par Mishima Yukio peu de temps avant qu’il ne se suicide rituellement devant le quartier général des forces japonaises, cet essai s’avère extrêmement déroutant, en particulier pour le lecteur occidental du début du XXIe siècle, sans empathie aucune avec la crise profonde qui traverse le Japon au lendemain de la plus grande défaite militaire de toute son histoire.


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Moins un essai qu’un commentaire, Le Japon moderne et l’éthique du samouraï est une réflexion autour du Hagakuré [1], texte du XVIIe siècle. Cette oeuvre du samouraï Yamamoto Jocho, devenu prêtre à la fin de sa vie, est en fait une compilation de principes et de réflexions destinés à guider les samouraï au service du clan Nabeshima. Il circula de génération en génération, tenu en haute considération malgré son décalage avec son temps, et fut progressivement popularisé et diffusé à travers tout le Japon jusqu’à la période contemporaine. Mis à l’honneur dans le Japon en guerre, afin de fortifier l’esprit combatif et la détermination des jeunes nippons, il tombe dans les mains de Mishima qui confie avoir longuement médité les principes délivrés par l’ouvrage, et en avoir retiré des règles de vie.

L’essai Le Japon moderne et l’éthique du samouraï se décompose en trois temps. Tout d’abord, Mishima explique pourquoi mettre à l’honneur le Hagakuré dans la période où il écrit (Les premiers chapitres). Pour cela, il commence par narrer sa rencontre avec ce texte, avant de dresser un parallèle entre le Japon du XVIIe siècle et celui des années 1950. Ensuite, au cours d’un assez long passage (Les principes de vie du Hagakuré), Mishima commente de larges extraits du Hagakuré. Sa prose occupe souvent moins d’espace que celle de Jocho. Ce développement s’avère rapidement n’être qu’une collection hétéroclite, qui mélange des réflexions fines et pertinentes à des préceptes moralisateurs abrupts, ou à des conseils pointilleux sur le bâillement ou les beuveries, dont la présence se justifie dans la logique du Hagakuré, mais beaucoup moins dans l’essai de Mishima, où ils ne sont que l’occasion pour l’auteur de rabâcher une morale déjà suffisemment martelée par ailleurs. La dernière partie de l’ouvrage (les Appendices), redondante avec les extraits déjà abondants de la seconde, n’est ni plus, ni moins, que la reproduction du Hagakuré lui-même.

Comme il l’explique dans la première partie, et tente de le démontrer par ses commentaires dans la seconde, Mishima estime qu’il y a une évolution des moeurs similaire au début du XVIIe siècle, et dans les années 1950. Au lendemain de la bataille de Sekigahara, le Japon est unifié par Tokugawa, qui va instaurer le gouvernement du shôgun, et asseoir l’autorité de sa famille sur tout l’archipel. Ce moment de l’histoire du Japon est décisif pour la caste des samouraï. Jusqu’ici, ceux-ci trouvaient à vivre des affrontements entre les daimyô (seigneurs), et leur valeur de guerrier était prisée avant toute autre. Tokugawa, afin de consolider son emprise sur le Japon favorisa le développement des arts intellectuels chez les samouraïs, qui devinrent peu à peu autant une caste de fonctionaires que de guerriers. La figure de Miyamoto Musashi [2], qui s’inscrit précisément dans ce contexte, est éclairante à cet égard. Le jeune Shinmen Takezo ne deviendra un samouraï accompli qu’en passant par l’étude, l’amour de l’art et du Zen. Dans ce contexte, comme à chaque évolution de moeurs, il se trouve toujours des esprits conservateurs qui se rattachent aux valeurs dans lesquels ils ont été édifiés. Il semble que Jocho soit de cette trempe. Mishima Yukio l’était sans doute également. Le Japon des années 1950 est en effet occupé par les Etats-Unis et s’est engagé, par sa nouvelle constitution, à renoncer à la guerre. L’occidentalisation de la société d’alors provoque un certain malaise, qui s’exprime dans la littérature de l’époque. Outre l’oeuvre de Mishima, on peut aussi citer celle de Kawabata, qui fait d’un tournoi de Go [3] la métaphore de la succéssion de deux mondes dans le Japon. Le Japon moderne et l’éthique du samouraï se retrouve donc à naviguer, entre de fines observations sur la proximité entre la pensée de la Grèce antique et celle du Japon, et des considérations sur les hommes modernes qui manquent cruellement de virilité.

De cette cacophonie, dominée par une violente nostalgie, qui revendique son conservatisme et prône un homme nouveau calqué sur une idéalisation - pour ne pas dire une idéologisation - de l’ancien, on peut cependant retenir des passages fort profonds. Il est en effet difficile de faire la part des choses dans cet essai, entre ce qui relève de l’aigreur, de l’annecdote ou d’une pensée qui, au-delà de la vision engoncée d’un monde qui cherche à se replier sur une image idéalisée de son hier, sait communiquer des réflexions profondes sur le sens de l’existance.

Ainsi, Mishima parvient à éclairer, et à enrichir, l’axiome du Hagakuré "Je découvris que la voie du samouraï, c’est la mort". On prendrait volontiers, à tort, cette simple phrase comme un slogan pour endoctriner de la graine de kamikaze. De fait, elle est en fait la clef de voûte d’un édifice qui doit conduire l’individu à faire de sa vie une oeuvre cosmique. Dans notre Occident, on dirait plus aisément une oeuvre d’art, mais l’expression ne rendrait pas l’idée de pleinitude et de finitude que suppose le grand équilibre du cosmos. D’ailleurs, à la lecture de ce passage de Le Japon moderne et l’éthique du samouraï, on ne peut s’empêcher de penser à l’Enquête d’Hérodote, où est narré l’épisode de l’oracle que fit venir devant lui Crésus, grand roi de Lydie. Lui demandant qui est l’homme le plus heureux du monde, Cyrus s’attendait à se voir désigner. Mais l’oracle lui parla de jeunes Athéniens qui étaient morts jeunes. Il expliqua ensuite sa réponse par le fait que leur vie avait été en tout point parfaite jusqu’à leur mort, et que nulle chute ou défaveur n’était venue ternir leur parfait bonheur avant que les Immortels ne reprennent leur vie. Ainsi, la mort, volontaire ou non, apparaît comme l’acmé d’une existence, ou plus exactement le point qui ferme le cercle parfait que celle-ci est sensée composer.

On regrettera que les passages de cette force, qui permettent sans doute de mieux comprendre Mishima, et au-delà de sa seule personne le Japon tout entier, soient noyés dans une collection de remarques où l’aigreur l’emporte souvent. La nostalgie violente et la cohérence de l’essai Le soleil et l’acier [4], ou encore la névrose aiguë de ses oeuvres en prose font apparaître en comparaison Le Japon moderne et l’éthique du samouraï comme une oeuvre contrastée. Philosophie de la mort et de l’amour, elle est ardue, demande de la méditation, mais manque par-dessus de cohérence au regard du lecteur occidental, familier des raisonnement carthésiens. Cependant, son statut tout particulier de commentaire, associé à la place prépondérante qu’occupait le Hagakuré dans la vie de l’auteur, en font un objet d’étude incontournable pour qui s’intéresse à Mishima, et à la littérature japonaise d’après-guerre.

par Pierre Raphaël
Article mis en ligne le 1er septembre 2004

[1] Hagakuré signifie littéralement "caché dans la feuillée". Faute de pouvoir interprêter avec justesse cet élément, nous renvoyons le lecteur à la préface, et au texte, de Le Japon moderne et l’éhtique du samouraï pour en apprendre plus.

[2] Samouraï auteur du Livre des cinq roues traité sur la Voie du sabre, dont l’histoire fut romancée par Yoshikawa Eiji dans le roman La pierre et le sabre, et est aujourd’hui reprise par Inoue Takehiko dans son manga Vagabond.

[3] dans Le maître ou le tournoi de Go, Kawabata Yasunari

[4] Le soleil et l’acier, Mishima Yukio, publié en France par Gallimard a été édité en poche dans la collection Folio









Saturday, March 03, 2007

:: ZANSHIN::


ZANSHIN:

Es otra palabra que no se puede traducir completamente al español.
Es a menudo traducida como Conciencia, pero no es del todo exacto.
La conciencia de amenazas eventuales, de peligros potenciales, etc…, de lo que nos rodea, es una parte del concepto.
Esta más bien en relación con el estado del espíritu después de una acción. Es caracterizado por el Kamae o le Shisei, por el Seme, por la proyeccion del Ki y la continuación del aliento Kiai, luego de un corte.
En los doce artículos sobre el estudio del sable de Muto Ryu, Yamaoka Tesshu lo explica como un golpe sin retención del pensamiento. Esta ausencia de pensamiento es el espíritu que retorna a su estado de origen (Fudoshin).
El esta descrito este retorno como una persistencia: es como una gota de agua que queda dentro de un bol después que este fue sacudido. Toda el agua partió del bol (acción total) pero queda un poco como si hubiera vuelto (El espíritu retornando a su estado original).
Sin embargo es un término difícil de apreciar. Es quedarse desprendido de la victoria después de haberla obtenido, al mismo tiempo es conservar el mismo estado de preparación después del cumplimiento de la acción. Pero no es que una parte de la definición de esta vasta palabra.