Sunday, June 10, 2007

40 and du Bouddhisme Zen en Europe: Chapître 2

Photos http://picasaweb.google.com/frank.kaiho/

Le 40 me anniversaire de l'arrivée du Bouddhisme Zen en Europe a été célébré les 8-9-10 juin au temple zen de la Gendronnière.J'y ai participé avec la Sangha de Kanshoji, entre autre j'ai été en charge du nettoyage des sanitaires. Chaque matin le Zazen à 6h30 avec beaucoup de force et vigueur était pratiqué. Ensuite les cérémonies de célébrations ainsi que les conférences ont eu lieu dans la journée. Les 500 participants de l'Europe dont 150, à peu près, des responsables du Sotou Shu du Japon ont été accueillis. Le président du Soto Shu du Japon en personne est venu célébrer cet événement.J'espère pouvoir mettre en ligne une synthèse des interventions qui furent très riches. Notamment celle de l'abbesse du Temple des nonnes à Nagoya et le Sensei Allemand ainsi que le Sensei italien. J’ai trouvé ces interventions d'une richesse et de profondeur qui m'ont complètement ébranlées.Le sujet étant l'universalité du Bouddhisme.
Une forte relation avec l'espace -temps est mise en relation, justement, pour parler de l'UN-iversalité.

"Le zen tel que ce moine l’a enseigné est une activité vitale du bouddhisme qui apporte la paix et la vérité essentielle à l’humanité tout entière. La religion doit comporter en elle, dès l’origine, cette « universalité » qui assure la liberté et l’égalité entre les hommes. Aujourd’hui où la pratique du zazen s’est répandue en Europe en tant qu’essence vitale du zen, et où le zen commence à former une « culture », je souhaite initier un dialogue sur la nature fondamentale du bouddhisme – une religion universelle – et sur ses divers aspects, et participer ainsi à ce mouvement de réception et de transmission du Dharma aux générations futures.

Rév. Genshû Imamura, directeur du Centre européen du bouddhisme Sôtô zen"


Accès au site sotou shu

40 ans du Bouddhisme ZeN en Europe:Chapître 1



J'ai eu le grand honneur et une très forte émotion de participer aux cérémonies de célébration du 40ème anniversaire du Buddhisme Zen en Europe organisées au Temple Zen de la Gendronnière fondé par Taisen Deshimaru.


Il y a quarante ans…
Le bouddhisme zen Sôtô est à l’heure actuelle l’une des branches les plus dynamiques du bouddhisme. L’Occident a pu en découvrir la pratique au milieu des années 60, grâce à la présence et à l’activité missionnaire de quelques moines japonais. En Europe, c’est l’arrivée de maître Taisen Deshimaru – homme particulièrement déterminé et charismatique – qui fut le point de départ d’une véritable école zen européenne, qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers de membres.

« Depuis la Renaissance, l’homme s’est défini lui-même en tant qu’homme pensant et non plus en tant qu’homme vivant (…) Mais l’homme vivant, c’est justement cela que l’on trouve en zazen. » Claude Lévi-Strauss




Qu’est-ce que le bouddhisme zen ?

Un peu d’histoire…
Il y a quelque 2500 ans, un homme qui deviendra Bouddha s’assit sous un arbre en posture de méditation (zazen) et s’éveilla. Cet éveil originel, qu’on expérimente en zazen fut ensuite transmis de personne à personne, à travers les siècles, pour parvenir jusqu’à nous.
La pratique de la méditation changea de nom en fonction des pays traversés : dhyana en sanskrit, puis ch’an lorsqu’il arriva en Chine, il devint zen en parvenant au Japon au XIIe siècle. Dans chacun de ces pays, le bouddhisme zen prit un visage différent. Il réussit en effet toujours à s’adapter et à se fondre dans les cultures locales.
Après s’être ainsi répandu pacifiquement jusqu’aux confins de l’Asie, le bouddhisme zen gagna les Etats-Unis et l’Europe, dans la deuxième moitié du XXe siècle.

La méditation zen, le zazen
« Le secret du zen consiste à s’asseoir, simplement, dans une posture de grande concentration (…) Alors apparaît la conscience profonde et pure, universelle et illimitée. » Taisen Deshimaru, La pratique du zen, Albin Michel, 1974.
Le bouddhisme zen consiste essentiellement dans la pratique de zazen, la méditation assise. Les jambes croisées, le dos droit et l’attention portée à la respiration, chacun peut faire une expérience de silence et de recueillement dans l’unité du corps et de l’esprit.
C’est la méditation par laquelle Bouddha a pu saisir l’origine de la souffrance et s’en libérer. « Ne me croyez pas sur parole, expérimentez par vous-même ! » a ensuite été son premier conseil, établissant ainsi la nécessité de parcourir soi-même la Voie du Bouddha.

Ni yoga, ni prière, ni thérapie…
Le bouddhisme zen n’est pas une connaissance découlant d’une analyse ou d’un raisonnement. C’est une pratique immédiate, instantanée, celle du moment présent. L’expérience du zen dépasse le simple aspect thérapeutique ou corporel par sa dimension d’éveil et diffère de la prière par son absence d’objet extérieur.

Retour à la simplicité
Pratiquer le bouddhisme zen, c’est donc déployer le plein espace de l’existence humaine et redonner à la vie toute sa beauté et sa dignité. Les actes quotidiens, qu’ils soient nobles ou communs, s’égrènent alors comme les pierres d’un collier précieux. Chaque acte est un trésor et donne sens à l’ensemble.

Des valeurs pour le monde social
D’un point de vue social, le bouddhisme zen véhicule des valeurs comme la non-violence, la compassion, la sagesse, la créativité et l’énergie. Les pratiquants apprennent à être attentifs à chaque moment de la vie, à s’ouvrir aux autres et à participer paisiblement à la vie de la cité.


« L’art véritable ne réside pas dans la beauté de la peinture, mais dans l’action de peindre (…) La calligraphie zen, c’est exactement cela. » Pablo Picasso





Maître Taisen Deshimaru

Sur les conseils de son propre maître, Taisen Deshimaru est arrivé en Europe au début de l’année 1967, pour y demeurer jusqu’à sa mort en 1982. La France, terre d’accueil du bouddhisme, fut pour lui le terrain idéal de diffusion d’un bouddhisme zen ancré dans le quotidien et présent dans le monde social. Durant les quinze années qu’il passa en Europe, Maître Taisen Deshimaru créa ainsi une centaine de dojos au cœur des villes et fonda le premier grand temple zen d’Europe : la Gendronnière, dans le Val-de-Loire.
Missionnaire, il a fait découvrir à l’Europe l’une des deux principales écoles du zen au Japon : le zen Sôtô, qui se fonde sur la pratique « ici et maintenant », dans l’action quotidienne.
Avec l’aide de ses nombreux disciples, Maître Deshimaru entreprit un travail d’édition de livres et de périodiques. Il s’attacha également à traduire avec précision les principaux écrits du bouddhisme zen.
Multipliant les rencontres, il établit également d’excellentes relations avec des philosophes, savants, artistes, leaders spirituels et thérapeutes de tous pays dans un souci de rapprochement entre les formes de pensée occidentale et orientale.
Son objectif principal était d’aider la civilisation à franchir la crise qu’elle traverse en faisant connaître la pratique du bouddhisme zen.
A sa mort, ses disciples les plus proches lui ont succédé, et œuvrent à leur tour à transmettre de personne à personne un bouddhisme vivant, responsable et présent dans la société.


« Le vieux monde que je détestais est en fait un monde de magie et d’enchantement, depuis que, grâce au zen, on insuffle le silence où gît l’inépuisable. » Henry Miller
















avec mes remerciements à

Isabelle Lorca
06 03 92 06 33

03 69 78 52 65
communication@zen-azi.org

photos copyright@cengizalp2007

Wednesday, May 30, 2007

::Stage ZEN & IAÏDO à KANSHOJI




::Un Voyage vers le bonheur :::


Lire aussi :


http://zanshin-madrid.blogspot.com/




Départ Samedi à 6h30 du matin de la Porte d’Italie, au monastère Kanshoji à 435 km de Paris, pour notre stage de ZEN & IAÏDO.
Rendez vous avec mes éléves à l’endroit habituel . Nous partons à quatres , Georges , Vassili et Rudolphe avec moi. Les huits pratiquants de Madrid nous rejoignent à Kanshoji car eux partent de Madrid dans la nuit pour y être en fin de matinée. Il est prévu également que nous puissions y arriver pour le déjeuner.
Après une halte pour prendre un café et faire le plein de’essence, nous reprenons la route mais la discussion avec Georges sur la percussion avec Bongos lui fait râter la sortie sur Vierzon. ( et pourtant nous sommes guidés par un GPS dernier cri;-))

Après avoir perdu à peu près une bonne heure -faire aller retour -pour reprendre le droit chemin, sous la pluie nous arrivons vers 12h30 à La Coquille où se trouve le monastère( ancien couvent de la congrégation des jésuites) Nous sommes accueilli avec une expression d’hospitalité et de gentillesse qui fait chaud au coeur surtout avec le temps gris et froid qu’il fait.

Quel bonheur d’être à cet endroit , depuis février. Je revois la végétation embellie , le temps suspendu aux nuages qui avançent lentement, alors que les gouttes de pluie habillent les pétales des roses et les feuilles de fleurs .

Walking out from home,
Meeting morning drops,
happiness comes.
Kaiho 2005

Nous retrouvons les pratiquants espagnoles fatigués de leur trip. Après déjeuner je propose une séance de 3 heures de pratique dont 1h00 de Kenjutsu. Après déjeuner, tout le monde participe au SAMU, à faire la vaisselle. Et Sensei, Il est vraiement à l’écoute de nos désirs quant à l’organisation de notre séjour et de notre stage. Il modifie les horaires des zazen et des répas en fonction de notre planning . J’ai cherché bien entendu à rester dans l’organisation habituelle de la vie du temple. Mais ce comportement d’amitié et de chaleur humaine exprimée par le Sensei a , je pense, surpris tout le monde. Nous découvrîmes un univers peu habituel de calme, de rigeur ou de compassion. L’esprit de Bouddha y règne en permenance.
En fin de la journée une séance d’initiation au zazen pour les éléves qui ne le pratiquent pas était assurée par le TENZO. Le zazen a eu lieu à 18h30. Ainsi la première séance de Zazen fût riche d’émotion et d’enseignement ( dans le Hatto car le dojo était déménagé pour notre pratique).
En fin de séance Sensei a demandé si nous avions des questions quant à la pratique , au zen, au Bouddhisme , j’ai posé une question que j’avais depuis la dernière Sesshin en Fevrier que je n’ai pas eu l’occasion de poser au Sensei.



-Dans la pratique du zazen , on parle souvent de “HI SHIRYO” qui veut dire la non pensée . Donc laisser passer les pensées , les idées, ne pas s’attacher afin de trouver in fine cet état de non pensée. Pour ce faire il faut revenir à la posture donc faire des aller- retours. Ma question est en revenant à la posture; elle ne devien-t-elle pas ( la posture) à son tour l’objet de ma méditation ,donc la pensée elle même alors que je devrait me trouver dans la non pensée.?
-Sensei explique d’abord le rhino cephale ensuite le cortex et entre les deux justement cet espace qui régule échange d’électricité( peut être le chi) du cerveau. Il dit qu’il est tout à fait naturelle de passer de l’observation (les pensées qui arrivent et que nous observons sans chercher à avoir un dialogue avec ) à la concentration (correction de la posture) . Donc avec la pratique , l’amplitude de ce passage Observation->--<>Concentration est de plus en plus développée.


Le Zazen en général dure 60 à 65 minutes entre coupé de KIN HIN , la méditation en marchant.

Pluie fine,


sur la tête nue de Bodhisatva


Esprit apaisé.


Kaiho 2006




Après le diner , nous avons repris une heure de pratique de Seitei Iai pour pointer les éléments importants de passage de grade. Le couché est à 22h30 les claquettes sonnent dans les couloirs..
Le réveil , à 7h00 pour un Zazen de 7h30. Pendant ce zazen, j’ai eu des “chaleurs”. les nerfs parasympathiques se sont mis en place , j’ai transpiré car j’ai senti également une petite douleur du dos qui a poussé vers le plexus solaire. Bertrand le SHUSHO m'a expliqué que c'est un phénomène naturel.


Je dirai qu’à ce moment , je n’ai point de pensées ni des idées mais seulement une forte concentration sur ma posture et régulation de la respire. Aurai-je atteint à ce moment le Hi Shiriyo? Je ne sais pas!
Après le zazen, la cérémonie du matin est pratiquée dans le Bouddha hall (Hatto) ensuite à l’entrée du réfectoire un sutra est récité devant la statue de Kannon sama.
Notre pétit déjeuner consiste bien entendu comme dans tous les temples Zen en la GUEN MAI du riz et legumes coupés le tout bien mijoté. (j'avais un peu honte car j'avais oublié mon bol à Paris)
Troisième séance de pratique est prévu à 10h30 jusq’au 12h30 pendant que Rudolphe assurait l’échauffement , j’ai assisté au Shosan –l’enseignement de Sensei .Il nous a parlé des régles. J’ai rejoint le cours 20 minutes après et nous avons travaillé le seitei iai avec les passages de grades .
Après le déjuner les pratiquants espagnoles ont repris la route car le lundi de Pentecôte n’est pas férié en Espagne.
Le Sensei et ses assistants ont également repris la route pour l' Angleterre afin d'assister à un seminaire.
Quant à nous, après le déjuner nous avons recommencé une séance de pratique de 14h30 à16h30 jusqu’au Zazen du soir de 17h00 à 19h00 . Après le diner les feux sont éteignent à 22h00 car nous étions tous un peu fatiqués et je n’ai pas souhaité de faire une séance supplémentaire après le diner.

Le dernier jour , le lundi après le zazen du matin 7 h30 à 9h30 et le Guenmai, nous avons repris la pratique de (Shinkageryu, cette fois) avant le déjeuner et prendre la route pour Paris.


http://fr.wikipedia.org/wiki/zen


Le zen (japonais 禅, « méditation silencieuse »), chán (禪/禅) en mandarin ou dhyāna en sanskrit, est une forme de bouddhisme mahâyâna qui insiste particulièrement sur la méditation, ou « illumination intérieure ».
Le mot zen est la romanisation du mot japonais 禅, traduction du mandarin 禪 chán, lui-même emprunté au sanskrit dhyāna, recueillement parfait.
En français, le mot zen est aussi utilisé pour signifier un état de tranquillité, d'indifférence à l'agitation du monde ; c'est devenu dans le langage courant un adjectif synonyme de « serein ».


Friday, May 25, 2007

:::TOKONOMA:::




TOKONOMA
est une alcôve que l’on retrouve dans une chambre traditionnelle japonaise appelée WASHITSU.
Elle a la taille d’un tatami ou demi et se trouve d’une marche au dessous des tatamis de la pièce. C’est un espace où généralement se trouvent le KAKEJIKU ( rouleau accroché avec un dessin ou un poème), l’IKEBANA dont les fleurs changent en fonction de saisons.
Le TOKONOMA est développé à partir de la pratique Bouddhiste pendant la période KAMAKURA (1192-1333). Pendant la période MUROMACHI ( 1392-1573) et la période de AZUCHI-MOMOYAMA (1573-1603) , il devient un élément de décoration des maisons traditionnelles japonaises.
Cet espace est bien entendu est sacré même aujourd’hui et il est absolument interdit de marcher dessus , la place plus près de TOKONOMA est proposée, en général aux visiteurs importants.
Il témoigne aussi l’esprit de WABI (le goût raffiné) et le SABI (la simplicité élégante). Malheureusement, les maisons modernes ne possèdent point un TOKONOMA.

Tuesday, May 15, 2007

Championnat de France d'IAÏDO 2007

Ce week end était organisé le Championnat de France d'IAÏDO 2007 à Paris .
Samedi était consacré aux compétitions en individuels et le dimanche pour les équipes.
Nous observons avec beacoup de satisfaction que chaque année le niveau technique des participants est encore plus fort.
Les combats ont été d'une grande qualité ansi que l'arbitrage.
Le dojo Sanbokyodan a participé avec trois équipes et l'équipe composée de Franck Cengizalp (yondan) , Michel Leung ( sandan) et Rudolphe Sampieri (shodan) a terminé la compétition Championne de France 2007.
L'équipe 2 Sanbokyodan composée de Jean Marc Molié ( shodan), Thierry Degois (sandan) et Gaël Ferron ( ikkyu) et l'équipe 3 composée de Thierry Soudet (ikkyu) George Greco ( Ikkyu) et Vassili Dzuba ( ikkyu)- Jean Claude Heudin ( Nikkyu étant le remplaçant de l'équipe 3) ont participé avec beacoup de force et de vigeur aux combats.
Pour la 3ème équipe, il s'agissait d'une première participation à une compétition nationale et ce fût une expérience très riche.

Dans les compétitions individuels Franck Cengizalp a terminé Vice Champion de France dans les Yondan/Godan) car cette année la compétition Yondan incluait également les Godans ( Ramon Ferrero et Marc Domon)
Dans les catégories Sandan Michel Leung a terminé Champion de France et dans le catégorie Mudan Gaël Ferron a obtenu la troisème place avec une médaille de bronze bien méritée
Enfin , Thierry Soudet a obtenu son SHODAN.
Les photos:

http://sports.webshots.com/photo/2799487790045066704uwEwKl

Thursday, May 03, 2007

O-bon


O-bon, Sejiki-e
http://global.sotozen-net.or.jp/fre/o-bon_sejikie.html


Le service commémoratif qui a lieu à Obon a deux significations. D’abord, rendre hommage au Bouddha et à nos propres ancêtres ainsi qu’à tous ceux qui sont morts. Mais aussi montrer notre gratitude à ceux qui ont fait quelque chose pour nous, y compris ceux qui sont toujours en vie, comme nos parents, notre famille, nos amis.

Obon est l’expression raccourcie pour Urabon-e qui est un dérivé de Ullabana, un ancien mot indien. D’après le sutra Bussetsu Urabon, l’origine de cette tradition remonte à la cérémonie accomplie par le Bouddha Shâkyamuni à l’occasion du décès de la mère de Maudgalyayana, un des disciples proches du Bouddha. Ullabana signifie « pendre à l’envers » et c’est grâce à cette cérémonie qu’elle a pu être libérée des souffrances de ce monde (si intenses, qu’elle étaient comparables au fait d’être pendue à l’envers).

De nos jours, tout le monde pense que cette cérémonie vise à prolonger la vie des membres de sa famille et à faire disparaître les souffrances et l’angoisse. C’est également l’une des périodes de vacances traditionnelles japonaises où l’on échange des cadeaux. L’autre période traditionnelle se situe au nouvel an. Obon est une cérémonie qui vise à rendre hommage respectueusement aux esprits de nos ancêtres, ainsi qu’à prier pour une longue vie pour nos parents. La coutume veut que, pour se préparer à rencontrer les esprits, on nettoie consciencieusement sa maison et que l’on se tienne prêt comme lorsque l’on reçoit des invités.

Les feux de bienvenue (Kadobi)
Le soir du 13e jour du mois, on allume des feux : avec des bottes de chanvre ou des torches de pin. Ces feux servent à guider les ancêtres sur le chemin du retour ; on pense qu’ils sont comme une voix qui dirait « Grand-père, grand-mère ! Par ici ! ». Si ces feux ne sont pas clairement visibles, les esprits pourraient avoir du mal à trouver leur chemin.

Reconduire les esprits (Shoryo okuri)
En général, on reconduit les esprits le 15 ou le 16. De la même façon, on allume des bottes de chanvre et dans certains endroits, on installe des offrandes dans de petits bateaux avant de les envoyer flotter sur des rivières ou jusqu’à la mer. Récemment, néanmoins, par égard pour l’environnement, les bateaux sont récoltés dans les temples, par exemple. On chante : « Esprits de Obon, partez sur ce bateau ! » et on les envoie délicatement.

L’étagère Obon (Bondana)
Où peut-on accueillir les ancêtres qui sont venus chercher les offrandes ? Il existe une étagère spéciale appelée Obon-dana ou Tama-dana que l’on peut installer sur l’autel familial avec différentes offrandes. Dans les maisons qui n’ont pas cette étagère Obon, on accueille les esprits des ancêtres à l’autel bouddhique. C’est là que les prêtres des temples chantent le Tana-gyo, un sutra lu à l’attention des ancêtres. Cette étagère Obon est installée en général le matin du 13. Dans les maisons qui ont connu un décès pendant l’année, cette étagère est installée entre le 1er et le 7, selon un rituel spécifique. On offre souvent des boulettes de nourriture. On les dépose sur l’étagère aussitôt après le retour du cimetière de la famille.

Le 14, la coutume veut que l’on fasse l’offrande de nouilles et le 15 de boulettes de riz recouvertes de pâte de haricots. On offre également du riz cru mélangé à des aubergines et à d’autres légumes crus émincés, placé sur des feuilles de lotus ou de paulownia.

Le 16, on dit que les esprits s’en repartent montés sur des vaches et transportant leurs bagages sur des chevaux. On coupe des aubergines et des concombres en leur donnant la forme d’une vache ou d’un cheval et on en fait offrande. Ces offrandes ressemblent beaucoup aux chevaux de paille qui sont utilisés pendant le festival de Tanabata. Dans certaines régions, la coutume veut que l’on décore les quatre coins de l’étagère de feuilles de cèdre ou de bambou vert, de la même façon que l’on utilise des décorations en pin pour honorer les Dieux à la nouvelle année.

La cérémonie pour réconforter l’esprit des ancêtres (Sejiki-e)
Le Sejiki-e de Obon est une cérémonie très importante dans le zen sôtô, qui vise à réconforter l’esprit des ancêtres. Dans chaque temple de l’école sôtô, cette cérémonie a pour objet de faire des offrandes aux ancêtres de la famille, aux parents, aux membres de la famille, ainsi qu’aux autres personnes avec qui nous sommes en relation, mais aussi pour les esprits qui ne sont plus connectés à aucun être vivant.

Sunday, April 15, 2007

Kokuzo Bosatsu


Kokuzo Bosatsu - Japanese spelling
Kokuzo Bosatsu (Skt. = Akasagarbha)
Name literally means "Vast & Boundless Vessel"



Origin India
Deity of Wisdom and Memory
Protector of Craftspeople and Artisans
One of the first Buddhist deities to arrive in Japan

Guardian of People Born in the
Zodiac Year of the Ox and Tiger




Kokuzo (also written Kokuuzou, Kokuuzoo) symbolizes the "vast and boundless" Buddha wisdom that permeates the universe. Believers pray to Kokuzo to grant them wisdom on their quest toward enlightenment. People also pray to Kokuzo to improve their memory, technical skills, and artistic talents, for Kokuzo is revered not only as the deity of wisdom, but as a protector of craftspeople and artisans.

Kokuzo was introduced to Japan in the late Nara period (645-794 AD) as part of a special rite to improve one's memory -- hence, Kokuzo's reputation even today is that of a deity who bestows intelligence on devotees. In Japan today, sculptures of Kokuzo are generally found only among Shingon temples and some Tendai temples, where special esoteric rites are still performed (mostly in secret) to ensure good memory, the granting of wishes, and the bestowal of Kokuzo's "vast and boundless" blessings.

Sanskrit, Chinese, and Japanese Spellings
Kokuzo: Sanskrit, Chinese, & Japanese Spellings; Akasagarbha, Khagarbha, Xu Long Zang, Kokuzo, Kokuuzou, Kokuuzoo, Kokuyo, Kokuuyou

English Translations for Kokuzo Bodhisattva

* Space/Sky Repository (also Space/Sky Treasury)
* All-Encompassing Wisdom
* Vast and Boundless Vessel
* Bodhisattva of Wisdom and Memory
* Protector of Craftspeople and Artisans
* Guardian of the Treasury of All Wisdom & Achievement

Kokuzo Bosatsu (Bodhisattva) -- This amulet can be purchased at www.buddhist-artwork.comKokuzo can appear in many different forms. In sculpture, Kokuzo's role as bestower of wishes means that Kokuzo is shown frequently holding the wish-granting jewel. In another variant, Kokuzo holds a lotus stem surmounted with the sacred wish-giving gem. In another popular representation, Kokuzo holds a sword to symbolize wisdom cutting through ignorance. Kokuzo is sometimes portrayed with the "Fear Not" Mudra, a gesture that symbolizes the granting of protection to Buddhist followers. NOTE: Photo at right shows Kokuzo forming the Fear Not Mudra while holding a lotus spear surmounted by the wish-granting jewel. At other times, Kokuzo is depicted with a hand gesture known as the Wish-Granting Mudra (aka the Charity, Welcome, or Blessing mudra). This latter mudra is associated closely with the Historical Buddha, and represents the granting of wishes to those who welcome the teachings of Buddhism. For a detailed review of hand gestures, please see the Mudra page.

Kokuzo is no longer venerated widely in Asia or Japan, with the exception of Japan's Shingon Sect of Esoteric Buddhism, where Kokuzo serves as the last of the Thirteen Deities of the Shingon School (consisting of Five Buddha, Seven Bodhisattva, and Fudo Myoo). As a group, these 13 represent the chief deities of the Womb World and Diamond World mandalas. As one of the thirteen, Kokuzo presides over the memorial service held on the 32nd anniversary after one's death. On the Japanese island of Honshu, children who are 13 years of age still follow the custom of paying homage to Kokuzo in the hopes of becoming more intelligent. In Japan's esoteric traditions, Kokuzo is also counted among the 16 Deities of the Auspicious Aeon, and as one of the 16 Great Bodhisattva.

Kokuzo Bodhisattva (lit. Space Repository) was originally paired with Jizo Bodhisattva (lit. Earth Repository), with the two representing the blessings of space and earth respectively. This pairing is now almost completely forgotten. Today Jizo is one of Japan's most popular deities among the common folk, and is worshipped both independently and as an important member of Amida Buddha's retinue. In contrast, Kokuzo is a relatively neglected deity whose devotees come largely from the Shingon tradition.

Kokuzo's central role in the esoteric rite to improve one's memory is described in the Gumonjihou (Jp.). Kokuzo is described in the Kokuzo Sutra (Jp. = Kokuzo Bosatsu Kyo) as one who removes obstacles, one who helps people recognize and overcome their errors, and one who encourages the practice of the Six Perfections (Sanskrit = Paramita). In addition to the central virtue of compassion, there are Six Perfections that a Bodhisattva must cultivate in order to attain Buddhahood.
1. charity
2. morality
3. forbearance
4. effort
5. meditation
6. wisdom
The Six Perfections can also be written as shown below, to which four more perfections were added in later times:
1. Generosity (Skt. Dana-paramita); selfless and impartial generosity
2. Discipline (Skt. Shila-paramita); observance of the ethical regimen
3. Patience (Skt. Kshanti-paramita); patient endurance of difficulties
4. Energy (Skt. Virya-paramita); zealous energy in perseverance
5. Meditation (Skt. Dhyana-paramita); mindful absorption in meditation
6. Wisdom (Skt. Prajna-paramita); wisdom of transcendent insight
Four more perfections were added in later times:
7. Right method (or means)
8. Vows
9. Manifestation of 10 powers
10. True understanding of all dharmas (laws) The Six Perfections are:

The Six Perfections = Paramita (Sanskrit)

Kokuzo Bosatsu Sanskrit Seed Sound - Tarakku
Tarakku (Japanese pronunciation)
Kokuzo's Sanskrit Seed Syllable
Kokuzo Bosatsu Mantra in Japan
Japanese Mantra for Kokuzo Bodhisattva
Kobo Daishi, the founder of Japan's Shingon sect,
said people who chant this mantra one million times
will gain a full understanding of all Buddhist teachings

Friday, April 13, 2007

DOGEN


Dôgen Zenji, fondateur de l’école du zen Sôtô ainsi que du Daihonzan Eiheiji, est né le 2 janvier 1200, pendant l’ère Kamakura, l’année suivant la mort de Minamoto Yoritomo. On dit que son père était Koga Michichika, ministre du gouvernement et sa mère Ishi, la fille de Fujiwara Motofusa. On suppose que le jeune Dôgen Zenji a vécu sans manquer de rien. Pourtant, à l’âge de 13 ans, il a fait l’ascension du Mont Hiei, rasa sa tête l’année suivante et devint moine. On dit qu’il choisit de devenir moine à l’âge de huit ans, lorsqu’à la mort de sa mère il ressentit l’impermanence de ce monde.

Dôgen Zenji voyait que le Mont Hiei était en pleine décadence à cause de ses relations avec le pouvoir. Les moines manifestaient une grande avidité de pouvoir et de richesse.

Déçu, Dôgen Zenji quitta le Mont Hiei et se mit à marcher en quête du vrai Dharma (l’enseignement authentique du bouddhisme). L’esprit confus et agité, il visita de nombreux temples dans différents districts. Dans le Shobogenzo Zuimonki, il dit : « Je n’ai pas été en mesure de rencontrer un maître authentique, ni aucun ami véritable sur la Voie ; par conséquent je me suis mis à avoir des pensées confuses et mauvaises. Mais quand j’ai étudié l’enseignement des moines éminents du passé, j’ai réalisé que ces pensées étaient méprisables. J’ai donc changé mon esprit et j’ai compris que je devais suivre celui de mes éminents prédécesseurs, les grands maîtres de Chine et d’Inde, plutôt que celui des moines japonais. »

Fidèle à sa parole, il prit le bateau pour la Chine à l’âge de 24 ans à la recherche de la Voie authentique du Bouddha. Malheureusement, il ne rencontra en Chine aucun maître capable de combler ses attentes. Mais au moment où il se résignait à rentrer au Japon, il rencontra Nyojo Zenji sur le Mont Tendo, où avait lieu une pratique authentique concentrée sur zazen.

« J’ai pratiqué zazen jour et nuit. Lorsqu’il faisait très chaud ou très froid, de nombreux moines s’arrêtaient de méditer par peur de tomber malade. Je me suis dit alors : « Je ne suis pas malade et si je ne pratique pas, à quoi aura servi mon voyage en Chine ? Mourir de maladie à cause de la pratique ne serait pas en désaccord avec mon vœu originel » et j’ai donc continué à méditer » (Shobogenzo Zuimonki). Dôgen Zenji était à ce point dévoué au zazen. Nombreux étaient les moines japonais qui rapportaient de Chine des montagnes de sutras bouddhiques en souvenir, mais Dôgen Zenji revint les mains vides.

Il rapporta seulement l’enseignement de shikantaza (seulement s’asseoir) qu’il avait maîtrisé.

Pour encourager le plus de personnes possible à pratiquer zazen, il écrivit le Fukanzazengi (Les règles universelles pour la pratique du zazen), dans lequel il expose avec précision la signification et la pratique de zazen.

Il écrivit également le Bendowa (Discours sur la pratique authentique de la Voie), sous la forme de questions-réponses, dans lequel il enseigne que la pratique de zazen est l’authentique Voie du Bouddha. Dans son travail si essentiel du Shobogenzo (Trésor de l’œil du Dharma véritable), qui s’étend sur plus de 90 chapitres, Dôgen Zenji exprime minutieusement l’esprit d’Éveil.

En 1243, invité par son sympathisant Hatano Yoshishige, Dôgen Zenji quitta Kyôto pour les montagnes de Echizen. On dit que ce déménagement était dû aux fortes pressions exercées par les prêtres du Mont Hiei, mais il est également vrai qu’il quitta Kyôto afin de suivre le conseil de Nyojo Zenji de « Vivre au fin fond des montagnes ou dans des vallées reculées, et protéger l’enseignement des Bouddhas et des patriarches. »

En 1244, le monastère fondé par Hatano Yoshishige fut enfin terminé. D’abord appelé Daibutsuji, on changea par la suite son nom en Eiheiji. Aujourd’hui on l’appelle Daihonzan Eiheiji.

C’est là que Dôgen Zenji continua à pratiquer de façon stricte, tout en s’occupant de ses disciples. En 1253, il tomba malade et mourut à l’âge de 53 ans.

Tuesday, April 10, 2007

::SHOSAN du 16 février 2006 ::


Shosan du 16 février 2006
de Sensei Taiun Jean Pierre Faure à KANSOJI

http://www.kanshoji.org/
Je ne cherche pas à m'adresser à votre ego, pas plus que je ne veux parler à partir de mon ego. Si les shosan commencent toujours par des prosternations les uns vis-à-vis des autres, c’est précisément pour ne pas parler à partir de l’ego, pour ne pas faire de taches sur le Dharma. Mais vous, pareillement, écoutez avec l’oreille du Dharma et non avec l’oreille de l’ego, c’est-à-dire avec une oreille vide, sans intention, sans chercher à disséquer, à comprendre intellectuellement.

Depuis trois semaines, je parle d’une image très célèbre que donne Maître Sekito dans le Sandokai, l'un des textes fondamentaux de notre école. Il dit : « Retournez sans cesse à la source ; ayez au moins conscience qu’à certains moments vous coulez dans les affluents boueux. » Cette image est au cœur de notre pratique. Du point de vue de l’ego, on peut se dire : « Dans la boue, il y a toutes sortes de choses, il y a même des pépites d’or ! »

Ce qui nous pousse à nous tourner vers la Voie du Bouddha, c’est notre profonde insatisfaction, ce qu’on appelle dukkha, souffrance. C’est cela qui nous pousse vers l’enseignement du Bouddha.

La Voie du Bouddha, c’est la réalité ultime de toutes les existences. Les maîtres zen nous disent : « Cette réalité ultime, bien sûr vous en faites partie ! Ne vous trompez pas sur les moyens pour y accéder. Car il n'y a pas de moyens. Ou bien on est sur la berge, ou bien on est dans le courant ; on ne peut pas être à la fois sur la berge et à la fois dans le courant. On ne peut pas être en dehors de la réalité et en même temps dans la réalité. »

On voit bien que notre vie est faite de souffrance, d’insatisfaction, de colère, d’incompréhension, de doute, d’avidité, de peur, de désespoir, la liste est infinie... On voit bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

On veut analyser la situation qui nous arrive pour ne pas retomber toujours dans le même guêpier. Mais si ce n’est pas dans celui-ci, ce sera dans un autre et vouloir comprendre après coup n’est pas forcément utile. Il faut savoir que les pièges sont infinis, que les situations qui nous seront données à vivre sont infinies et que dans chaque situation, ici et maintenant, nous aurons la possibilité de boire le bouillon ou au contraire, de surnager.

Voilà pourquoi il n'est pas nécessaire de chercher le pourquoi. Par contre, il est utile de comprendre qu’on est manipulé par son karma, de voir qu'on n'est pas libre, qu’on est manipulé par nos dysfonctionnements passés, par nos peurs, notre avidité, notre violence. Il est bon de prendre conscience au moins une fois que certaines forces en nous nous poussent à l'erreur. Et d’autre part, il est important d’entrevoir qu’il existe une méthode, une façon de vivre où l'on n'est plus systématiquement manipulé, entraîné par son karma.

J'insiste là-dessus parce que c’est le problème de chacun : on voudrait trouver des situations qui ne seraient pas porteuses de souffrance. Bouddha nous dit : « Ça n’existe pas. » On voudrait savoir comment on en est arrivé là pour que ça ne se reproduise plus. Mais à cause de notre ignorance du Dharma, on continuera à se prendre les pieds dans le tapis, à être insatisfait et l'on transmigrera à nouveau dans la violence, le dégoût, la haine, la colère et tout le reste.

Donc, si on se sert de la réflexion, si on regarde dans le passé, c’est pour voir qu’il y a en nous des pulsions, des impulsions karmiques qui nous poussent à retomber dans les mêmes ornières, mais c’est tout. Inutile de passer votre vie à chercher le pourquoi. Les causes qui nous ont amenés à cette forme-là, à ce karma-là, se perdent dans la nuit des temps.

S'accrocher à ses souvenirs, ses émotions, ses dysfonctionnements, vouloir s’en saisir, c’est comme vouloir se saisir de particules de boue et penser que ça va étancher notre soif. C’est une erreur totale. Il faut bien comprendre que dans cette eau boueuse sont à l'œuvre les trois poisons : l’ignorance, la violence et l’avidité. Mais il y a aussi notre nature de bouddha, l’essence même, le phénomène vivant, la source toujours pure qui est toujours là — il n'y a pas à la chercher dans la nuit des temps.

Quand ai-je vraiment pris forme ? On peut remonter à des milliards d’années. La science nous confirme que notre forme aujourd’hui est l’aboutissement d’une très longue évolution. Mais le problème que j’ai à résoudre, moi, c’est comment faire avec ce karma-là. Plongé dans cette situation-là, il y a possibilité ici et maintenant d’être heureux. C’est l’enseignement du Bouddha. Il ne demande pas de chercher chez les autres, ni d’être intelligent, ni d’avoir fait des études. Il demande seulement de comprendre de quoi nous avons besoin.

Quand est-ce que suis-je heureux ? Quand suis-je malheureux ? J’ai été heureux alors que je n'avais pas un centime en poche. J’ai été heureux seul dans un pays lointain, sans amis, sans connaissances. J’ai été heureux seul, j'ai été heureux au milieu de la foule. Nous devons bien comprendre qu’il y a quelque chose qui nous rend heureux et qui ne dépend pas de la situation extérieure.

Ce bonheur profond, cette joie profonde, c’est l’essence même de la vie et nous l’avons tous au fond de nous. Il ne faut pas la recouvrir d'ordures. Nous devons sans arrêt permettre à cette nature de Bouddha de remonter à la surface. Cette nature de Bouddha, c’est l’esprit qui ne s’accroche à rien, c’est la joie pure de l’existence, « C’est l’eau toujours pure. » Même si elle est salie, c’est de l’eau pure. À nous de ne pas boire les salissures, mais seulement l’eau pure. C’est toujours possible.

Pour enseigner cela, les maîtres zen utilisent des images, comme celle de l’eau que l’on peut souiller de nos élucubrations, de nos accusations, de nos fausses croyances, de nos superstitions, de nos illusions. Bien sûr, il faut décider : est-ce qu’on veut boire l'eau claire ou est-ce qu'on veut boire la merde ? La question se pose en ces termes. Tout l’enseignement des maîtres zen porte sur ce point. Autre image — une image n’est pas la réalité, mais regardons la avec le sens que veut lui donner Bouddha. Pour attraper les singes, on attache une boîte au pied d’un cocotier, percée d’un trou de la largeur d'une main, et on y met une noix dedans. Le singe vient, il prend la noix dans la boîte, les hommes arrivent. Le singe hurle, il hurle quand il voit les hommes arriver parce qu’il voit bien qu’il est piégé, mais il ne veut pas lâcher la noix, il est prisonnier.

On peut dire : « Il n'a qu’à ouvrir la main, lâcher la noix et partir. » Mais il ne peut pas le faire, car il veut la noix de coco, même s’il veut la liberté. Il est intéressant de voir que l'animal choisi dans cette histoire est le singe, le plus malin des animaux. Les grands singes sont, neurologiquement, très proches des êtres humains ; leur génome est à 99% équivalent à celui des êtres humains.

Cette espèce intelligente se fait piéger à cause de son intelligence. Le singe cherche une façon d’avoir et la noix et la liberté. Une belette, moins intelligente, qui se fait prendre au piège, a la capacité de se couper la patte elle-même, pour aller vers la liberté. Là, on ne demande pas au singe de se couper la main, seulement de lâcher la noix de coco, et ainsi de recouvrer sa liberté.

Et bien l’être humain, animal très intelligent, entre la souffrance et la libération possible, cherche une troisième voie : comment faire, avec son intelligence, pour avoir le beurre et l’argent du beurre ? Il cherche sans cesse des techniques.

Au lieu de cela, nous ferions mieux d'aller à l’origine. L’origine qui concerne la liberté de l’homme et celle du singe, c’est de lâcher prise. Ce qui les emprisonne, c’est qu’ils ne savent pas lâcher prise. Inutile de chercher pourquoi il est arrivé dans cette situation ? On peut accuser les autres, on peut disserter une vie entière, mais l’origine de sa souffrance, de son enfermement, c’est là, c’est toujours ici et maintenant.

C’est cela, l’enseignement du Bouddha. Il n’y a pas une troisième voie où l'on pourrait à la fois obtenir l'objet de son désir et la liberté. C'est complètement antinomique. Et tant qu'au fond de nous, nous ne clarifions pas ce point, la pratique ne nous intéresse pas. Celui qui se saisit d’une pensée, qui veut l’analyser, qui veut trouver des excuses, ou une astuce pour ne pas retomber dans le piège, celui-là perd son temps, parce qu'ici et maintenant, il est question de liberté. Le problème n’est pas d’avoir une longueur d’avance, ni de chercher le pourquoi du comment. Non, c’est toujours ici et maintenant ; notre liberté est de notre responsabilité.

Si le singe ne voit que la facilité de garder cette noix, s'il ne voit pas la totalité du tableau, le soleil dans les branches, la savane, ses amis, le fait qu’il y a d’autres nourritures… S’il ne voit pas tout, il est dans l'erreur. Le fait de donner de l’importance à cette noix de coco, de donner de l’importance à notre avidité, à notre peur, à notre violence, c’est précisément l’erreur.

Avoir de l’avidité en soi, de la violence ou de l’ignorance, ce n’est pas un problème, nous ne pourrons nous en débarrasser dans cette vie. En revanche, à chaque instant, malgré son karma, on peut devenir Bouddha, on peut s’éveiller, faire preuve de sagesse et de compassion. Si de nombreuses fois, on arrive à sortir de telles situations, on pourra ensuite, auprès de ceux qui sont en difficulté, faire preuve de compréhension, de compassion et de sagesse. On saura vraiment de quoi l'on parle.

Toutes ces situations sont à vivre, elles sont toutes porteuses d’enseignements, elles forgent notre sagesse et notre compassion. Mais rechercher un monde sans pièges, dénué d’avidité, de violence, d’ignorance, c’est utopique. Ce n’est pas la Voie du Bouddha.

Maître Tozan avait la lèpre, une lèpre de l’esprit. Désespéré de sa situation, il dit au maître : « J’ai l’esprit malade… » Le maître lui dit : « Apporte-moi ton esprit et je le guérirai. » Bien sûr, il ne peut pas apporter son esprit, ce n’est pas quelque chose… C’est de cela dont je parle.

L’enseignement de Bouddha nous dit : « Nous sommes toujours Bouddha. Nous avons toujours été Bouddha. Nous serons toujours Bouddha. » Nous sommes toujours un phénomène vivant qui n’existe que dans l’instant. Il y a des traces de karma, des traces d’actions passées, mal comprises, mal vécues, mal digérées, causées parfois par les autres, parfois par nous-mêmes, peu importe. Mais avec cette histoire-là, il est toujours possible de se désaltérer à la source, de trouver le contentement.

Certains, sur leur lit de mort, sont heureux jusqu’à la dernière minute. D’autres, à 45 ans, sont désespérés de vieillir, s'affolent, s'inquiètent, deviennent aigris, amers. C’est pourtant la même vie. C’est seulement l’esprit qui ne comprend pas qu’il existe, jusqu’au dernier moment, la joie pure de l’existence.

Cela, c’est l’enseignement du Bouddha. Bien sûr que je ne suis pas toujours Bouddha, j’ai un ego comme tout le monde, mais à la fin, si on se regarde soi-même, si on voit la réalité du problème, ce n’est pas du tout gênant. Je peux toujours accéder à ma propre liberté.

::ZAZEN::


En équilibre parfait, immobile, le poids du corps sur les genoux, la colonne vertébrale étirée vers le ciel, ni penché en avant,
ni penché en arrière. On se contente d'effacer à chaque instant toute tension inutile, toute intention.
C'est par cette pratique que Shakyamuni est devenu Bouddha; ce n'est pas par le bouddhisme - il n'existait pas; ni par les sutras - ils n'avaient pas encore été écrits.

Dans la posture paisible de l'éveil, à partir du silence et de l'immobilité, naturellement, inconsciemment, on donne la liberté à toute chose.
La conscience s'ouvre à l'infini.

Donner la liberté à nos pensées, c'est ne pas bouger devant elles. C'est comme cela que nous sommes Bouddha. N'en doutez pas, ne cherchez pas ailleurs !

Maître Taisen Deshimaru


Kanshoji, monastère bouddhiste zen
24450 La Coquille - France - Tel.: +33 (0)5 53 52 06 35 - kanshoji@wanadoo.fr
http://www.kanshoji.org

Sunday, March 18, 2007

YOKEMI 除け身



Photo 2ème Séminaire Zanshin-Madrid mars 2007


YOKE MI signifie « écarter le corps ». C’est le troisième kata de l’école (Suwari waza), le point de départ de son apprentissage.
Comme dans Muko no katana, dont il est dérivé, j’y apprends le dégainé (Nuki Tsuke) dans le plan horizontal - en tirant bien la main gauche vers l’arrière ! - la concentration du regard (Metsuke) sur l’adversaire, les principes de la coupe (je pose et je tire), une première version du Chiburi et du Noto de l’école. De même, ce kata s’effectue intégralement à genoux
Mais surtout, par rapport à Muko no katana, l’objectif principal est le déplacement latéral par rapport à l’axe de l’attaque adverse. Le travail du hara (ce sont les hanches qui commandent le pivotement) se fait non pas autour du genou arrière (muko no katana) mais du pied gauche. Le travail des jambes – toujours en position basse - s’effectue lui aussi en latéral (contrairement à Muko no katana, où ce mouvement des jambes reste dans l’axe avant-arrière). C’est ce qu’on appelle le Tai sabaki en japonais.


A suivre



2nd-Workshop Madrid march2007

Thursday, March 08, 2007

Le Maître ou le Tournoi de Go

Le Maître ou le Tournoi de Go

Titre original : 名人

Auteur : Kawabata Yasunari (川端康成)

Traduit par : Sylvie Regnault-Gatier

Edité par : Albin Michel et Le Livre de Poche

Date(s) d'origine : de 1951 à 1952
Présentation de l'éditeur


Yasunari Kawabata, le grand romancier japonais, prix Nobel de littérature en 1968, nous donne ici son oeuvre la plus dépouillée - celle qui lui tenait le plus à coeur. En racontant un tournoi de go, qui se déroula réellement en 1938 et qui est resté célèbre dans les annales de cet art, il analyse avec une minutie passionnée le drame d'un vieux lutteur qui succombe.

Car, sous le couvert d'un cérémonial quasi liturgique, dans le cadre séduisant d'une auberge de campagne japonaise, le vieux Maître, le héros jusqu'alors invaincu de tant d'autres "rencontres", mène son dernier combat. En face de lui, un adversaire plus jeune, qui représente une autre sensibilité, un autre monde. Le Japon ancien affronte le nouveau, la tradition se défend contre le changement.

Sans que nul élève la voix, mais dans un climat d'une tension parfois insoutenable, le vieil homme va tomber sous les coups d'une puissante presse affairiste, des ambitions de la génération montante, et des intrigues de son entourage. En contre-point, l'auteur, ce merveilleux poète qui était aussi un habile joueur de go, commente les coups de cette partie pour laquelle même les non-initiés se passionneront et qui devient, sous sa plume, un jeu de vie et de mort.

On songe au Hermann Hesse du Jeu des perles de verre, ou au Nabokov de La Défense Loujine. Comme eux, mais de la manière unique qui est celle des conteurs orientaux, Kawabata sait évoquer les pouvoirs d'un haut divertissement de l'esprit, et en manier les symboles. Ainsi parvient-il, sans effort apparent, à exprimer la réalité la plus vaste. "Il suffit d'une branche d'arbre bien peinte", a-t-il dit en citant le peintre chinois Chin Nung, "pour qu'on entende le bruit du vent."


Autres ouvrages de Kawabata Yasunari
L'Adolescent (少年)
Les Servantes d'auberge (温泉宿)
La Danseuse d'Izu (伊豆の踊子)
Chronique d'Asakusa (浅草紅団)
Pays de Neige (雪国)
Nuée d'oiseaux blancs (千羽鶴)
La beauté, tôt vouée à se défaire (散りぬるを)
Le Grondement de la montagne (山の音)
Récits de la Paume de la Main (掌の小説)
Le Lac (みずうみ)
Yumiura (弓浦市), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome I
Les Belles Endormies (眠れる美女)
Kyōto (古都)
Tristesse et Beauté (美しさと哀しみと)
Au Fond de l'être (人間のなか), dans Anthologie de nouvelles japonaises tome III
Correspondance (川端康成・三島由紀夫往復書簡)
La Grenade (ざくろ), dans Anthologie de nouvelles japonaises tome II.
Barques en bambou (笹舟), dans Anthologie de nouvelles japonaises tome II.
La Petite danseuse d'Izu (伊豆の踊子), dans le Bulletin de l'Association des Français du Japon n°87.
Histoire du visage de la morte (死顔の出来事), dans le Bulletin de l'Association des Français du Japon n°85.
L'Hiver vient (冬近し), dans France-Japon n°17.

Le Japon moderne et l’éthique du samouraï


Le Japon moderne et l’éthique du samouraï
La voie du Hagakuré
Ecrit par Mishima Yukio peu de temps avant qu’il ne se suicide rituellement devant le quartier général des forces japonaises, cet essai s’avère extrêmement déroutant, en particulier pour le lecteur occidental du début du XXIe siècle, sans empathie aucune avec la crise profonde qui traverse le Japon au lendemain de la plus grande défaite militaire de toute son histoire.


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Moins un essai qu’un commentaire, Le Japon moderne et l’éthique du samouraï est une réflexion autour du Hagakuré [1], texte du XVIIe siècle. Cette oeuvre du samouraï Yamamoto Jocho, devenu prêtre à la fin de sa vie, est en fait une compilation de principes et de réflexions destinés à guider les samouraï au service du clan Nabeshima. Il circula de génération en génération, tenu en haute considération malgré son décalage avec son temps, et fut progressivement popularisé et diffusé à travers tout le Japon jusqu’à la période contemporaine. Mis à l’honneur dans le Japon en guerre, afin de fortifier l’esprit combatif et la détermination des jeunes nippons, il tombe dans les mains de Mishima qui confie avoir longuement médité les principes délivrés par l’ouvrage, et en avoir retiré des règles de vie.

L’essai Le Japon moderne et l’éthique du samouraï se décompose en trois temps. Tout d’abord, Mishima explique pourquoi mettre à l’honneur le Hagakuré dans la période où il écrit (Les premiers chapitres). Pour cela, il commence par narrer sa rencontre avec ce texte, avant de dresser un parallèle entre le Japon du XVIIe siècle et celui des années 1950. Ensuite, au cours d’un assez long passage (Les principes de vie du Hagakuré), Mishima commente de larges extraits du Hagakuré. Sa prose occupe souvent moins d’espace que celle de Jocho. Ce développement s’avère rapidement n’être qu’une collection hétéroclite, qui mélange des réflexions fines et pertinentes à des préceptes moralisateurs abrupts, ou à des conseils pointilleux sur le bâillement ou les beuveries, dont la présence se justifie dans la logique du Hagakuré, mais beaucoup moins dans l’essai de Mishima, où ils ne sont que l’occasion pour l’auteur de rabâcher une morale déjà suffisemment martelée par ailleurs. La dernière partie de l’ouvrage (les Appendices), redondante avec les extraits déjà abondants de la seconde, n’est ni plus, ni moins, que la reproduction du Hagakuré lui-même.

Comme il l’explique dans la première partie, et tente de le démontrer par ses commentaires dans la seconde, Mishima estime qu’il y a une évolution des moeurs similaire au début du XVIIe siècle, et dans les années 1950. Au lendemain de la bataille de Sekigahara, le Japon est unifié par Tokugawa, qui va instaurer le gouvernement du shôgun, et asseoir l’autorité de sa famille sur tout l’archipel. Ce moment de l’histoire du Japon est décisif pour la caste des samouraï. Jusqu’ici, ceux-ci trouvaient à vivre des affrontements entre les daimyô (seigneurs), et leur valeur de guerrier était prisée avant toute autre. Tokugawa, afin de consolider son emprise sur le Japon favorisa le développement des arts intellectuels chez les samouraïs, qui devinrent peu à peu autant une caste de fonctionaires que de guerriers. La figure de Miyamoto Musashi [2], qui s’inscrit précisément dans ce contexte, est éclairante à cet égard. Le jeune Shinmen Takezo ne deviendra un samouraï accompli qu’en passant par l’étude, l’amour de l’art et du Zen. Dans ce contexte, comme à chaque évolution de moeurs, il se trouve toujours des esprits conservateurs qui se rattachent aux valeurs dans lesquels ils ont été édifiés. Il semble que Jocho soit de cette trempe. Mishima Yukio l’était sans doute également. Le Japon des années 1950 est en effet occupé par les Etats-Unis et s’est engagé, par sa nouvelle constitution, à renoncer à la guerre. L’occidentalisation de la société d’alors provoque un certain malaise, qui s’exprime dans la littérature de l’époque. Outre l’oeuvre de Mishima, on peut aussi citer celle de Kawabata, qui fait d’un tournoi de Go [3] la métaphore de la succéssion de deux mondes dans le Japon. Le Japon moderne et l’éthique du samouraï se retrouve donc à naviguer, entre de fines observations sur la proximité entre la pensée de la Grèce antique et celle du Japon, et des considérations sur les hommes modernes qui manquent cruellement de virilité.

De cette cacophonie, dominée par une violente nostalgie, qui revendique son conservatisme et prône un homme nouveau calqué sur une idéalisation - pour ne pas dire une idéologisation - de l’ancien, on peut cependant retenir des passages fort profonds. Il est en effet difficile de faire la part des choses dans cet essai, entre ce qui relève de l’aigreur, de l’annecdote ou d’une pensée qui, au-delà de la vision engoncée d’un monde qui cherche à se replier sur une image idéalisée de son hier, sait communiquer des réflexions profondes sur le sens de l’existance.

Ainsi, Mishima parvient à éclairer, et à enrichir, l’axiome du Hagakuré "Je découvris que la voie du samouraï, c’est la mort". On prendrait volontiers, à tort, cette simple phrase comme un slogan pour endoctriner de la graine de kamikaze. De fait, elle est en fait la clef de voûte d’un édifice qui doit conduire l’individu à faire de sa vie une oeuvre cosmique. Dans notre Occident, on dirait plus aisément une oeuvre d’art, mais l’expression ne rendrait pas l’idée de pleinitude et de finitude que suppose le grand équilibre du cosmos. D’ailleurs, à la lecture de ce passage de Le Japon moderne et l’éthique du samouraï, on ne peut s’empêcher de penser à l’Enquête d’Hérodote, où est narré l’épisode de l’oracle que fit venir devant lui Crésus, grand roi de Lydie. Lui demandant qui est l’homme le plus heureux du monde, Cyrus s’attendait à se voir désigner. Mais l’oracle lui parla de jeunes Athéniens qui étaient morts jeunes. Il expliqua ensuite sa réponse par le fait que leur vie avait été en tout point parfaite jusqu’à leur mort, et que nulle chute ou défaveur n’était venue ternir leur parfait bonheur avant que les Immortels ne reprennent leur vie. Ainsi, la mort, volontaire ou non, apparaît comme l’acmé d’une existence, ou plus exactement le point qui ferme le cercle parfait que celle-ci est sensée composer.

On regrettera que les passages de cette force, qui permettent sans doute de mieux comprendre Mishima, et au-delà de sa seule personne le Japon tout entier, soient noyés dans une collection de remarques où l’aigreur l’emporte souvent. La nostalgie violente et la cohérence de l’essai Le soleil et l’acier [4], ou encore la névrose aiguë de ses oeuvres en prose font apparaître en comparaison Le Japon moderne et l’éthique du samouraï comme une oeuvre contrastée. Philosophie de la mort et de l’amour, elle est ardue, demande de la méditation, mais manque par-dessus de cohérence au regard du lecteur occidental, familier des raisonnement carthésiens. Cependant, son statut tout particulier de commentaire, associé à la place prépondérante qu’occupait le Hagakuré dans la vie de l’auteur, en font un objet d’étude incontournable pour qui s’intéresse à Mishima, et à la littérature japonaise d’après-guerre.

par Pierre Raphaël
Article mis en ligne le 1er septembre 2004

[1] Hagakuré signifie littéralement "caché dans la feuillée". Faute de pouvoir interprêter avec justesse cet élément, nous renvoyons le lecteur à la préface, et au texte, de Le Japon moderne et l’éhtique du samouraï pour en apprendre plus.

[2] Samouraï auteur du Livre des cinq roues traité sur la Voie du sabre, dont l’histoire fut romancée par Yoshikawa Eiji dans le roman La pierre et le sabre, et est aujourd’hui reprise par Inoue Takehiko dans son manga Vagabond.

[3] dans Le maître ou le tournoi de Go, Kawabata Yasunari

[4] Le soleil et l’acier, Mishima Yukio, publié en France par Gallimard a été édité en poche dans la collection Folio









Saturday, March 03, 2007

:: ZANSHIN::


ZANSHIN:

Es otra palabra que no se puede traducir completamente al español.
Es a menudo traducida como Conciencia, pero no es del todo exacto.
La conciencia de amenazas eventuales, de peligros potenciales, etc…, de lo que nos rodea, es una parte del concepto.
Esta más bien en relación con el estado del espíritu después de una acción. Es caracterizado por el Kamae o le Shisei, por el Seme, por la proyeccion del Ki y la continuación del aliento Kiai, luego de un corte.
En los doce artículos sobre el estudio del sable de Muto Ryu, Yamaoka Tesshu lo explica como un golpe sin retención del pensamiento. Esta ausencia de pensamiento es el espíritu que retorna a su estado de origen (Fudoshin).
El esta descrito este retorno como una persistencia: es como una gota de agua que queda dentro de un bol después que este fue sacudido. Toda el agua partió del bol (acción total) pero queda un poco como si hubiera vuelto (El espíritu retornando a su estado original).
Sin embargo es un término difícil de apreciar. Es quedarse desprendido de la victoria después de haberla obtenido, al mismo tiempo es conservar el mismo estado de preparación después del cumplimiento de la acción. Pero no es que una parte de la definición de esta vasta palabra.

Monday, February 19, 2007

Qu’est-ce qu’un bas-fourneau ?



photo@metallica2007
Qu’est-ce qu’un bas-fourneau ?

C’est un foyer dans lequel le féron réunit les conditions favorables à une réaction chimique. Cette réaction chimique consiste à isoler la molécule de fer des autres molécules qui lui sont associées au sein des minerais. Cela exige plusieurs étapes.
Premièrement la préparation des minerais.
Quelle que soit la nature de ces pierres que sont les minerais il faut les nettoyer des substances indésirables par chauffage (pour celles qui se transforment en gaz comme par exemple le soufre) par lavage pour celles qui se dissolvent dans l’eau.
Il faut aussi les transformer en oxydes magnétiques, car bien peu de minerais se présentent sous cette forme. Cela se fait par grillage et permet ensuite de poursuivre l’épuration et donc la concentration par aimantation.
On a ainsi obtenu un minerai magnétique, ce qui indique une forme particulière d’oxydes de fer nécessaires à la réduction du minerai en fer dont la formule chimique est Fe3O4.
Cette phase demande donc, cueillette du minerai, concassage, grillage, lavage, calcination, aimantation.

Deuxième étape , la réduction du minerai en fer.
Dans le foyer en forme de cheminée élevée en terre, briques ou pierres, pour la plupart des bas-fourneau utilisés dans tous les pays du monde, il s’agit de maintenir une température convenable (ni trop basse, ni trop haute, aux environs de 1100° au cœur du foyer ) et de provoquer la présence d’un gaz qui vient dépouiller le fer de l’oxygène qui lui est associé.
Le charbon de bois produit d’une part la température nécessaire d’autre part il s’associe à l’oxygène en créant du gaz carbonique.
Préchauffé pendant deux à trois heures, le bas fourneau est rempli de charbon de bois puis nourri régulièrement de minerai et de charbon afin de le maintenir plein pendant quatre à cinq heures.
Une alimentation en air par tuyère amène l’air nécessaire à la combustion.
Au cours de leur descente le long de la cheminée, les grains d’oxydes de fer libèrent leur oxygène et s’agglutinent au fond du bas-fourneau sous forme de grains de fer mous et pateux (jamais liquides). Ils s’amalgament progressivement et prennent une forme d’énorme lentille que l’on appelle loupe de fer.

Troisième étape, la transformation en lingot de métal.
Après quatre ou cinq heures de cuisson, il faut ouvrir la porte du bas-fourneau et sortir avec des pinces, la loupe qui repose au coeur du foyer rempli de charbon de bois incandescent. Aussi jaune que le soleil la loupe est extraite du four.
Elle peut ensuite être travaillée à chaud, par martelage au marteau pilon pour l’écraser et la transformer en lingot.
Elle peut aussi être forgée après refroidissement, et éclatement en parcelle pour pratiquer un feuilletage d’épuration. On obtient alors un lingot feuilleté.


Martine SERY

Rencontre exceptionnelle avec un Maître Forgeron1


Une image de la "Loupe" @cengizalpfévrier2007

L’année 1989 fut pour Christian Moretti celle d’un événement essentiel dans sa pratique professionnelle. Il avait jusqu’alors rencontré les métaux dans leur mise en œuvre. Cuivre, laiton, étain, plomb, fer et acier étaient devenus entre ses mains, chaudrons, fontaines, instruments de musique, lanternes, tuyauterie d’orgue, balustrade, ou grille de protection. Il aimait à prêter une forme aux métaux pour qu’ils deviennent à la fois utiles et beaux.
En juin 1989, à l’initiative du CCSTIFM (Musée de l’Histoire du Fer et Laboratoire d’Archéologie des métaux)et du GRMT (Groupe de Recherche sur la Métallurgie Traditionnelle)sont invités deux maîtres japonais, Maître Ono Masami et Maître Wakita Ryosui, qui viennent transmettre leurs connaissances des méthodes traditionnelles de fabrication des sabres japonais. Il s’agit cette fois de partir de la matière première, le minerai, pour aller jusqu’à l’objet fini, le sabre.
Christian Moretti découvre à l’issue de ce stage que sa véritable passion est la métallurgie artisanale. Art d’élaborer les minerais en métaux afin de réaliser un objet dont on a maîtrisé l’ensemble de la chaîne de réalisation. Pendant cette formation il put donc découvrir le fonctionnement d’un bas-fourneau, l’affinage des produits obtenus, la forge des lames japonaises, et le polissage. Il aime à dire qu’aujourd’hui encore il n’a pas fini d’exploiter et d’expérimenter ce qui lui a été transmis pendant ces quelque jours.
C’est donc dans ce même esprit qu’il aborde l’élaboration d’une arme japonaise. L’harmonie étant la clé indispensable pour une élaboration juste, il consacre son attention à la mise en phase de l’environnement, des éléments et du forgeron. Les minerais sont recueillis par lui-même et mélangés en fonction de la pièce à réaliser. Le charbon de bois, est soigneusement choisi, trié et calibré. Le jour de la réduction choisi avec attention. Les matières issues de la loupe sont ensuite sélectionnées précisément pour obtenir un métal d’une nuance précise. Puis l’alchimie de la forge prête enfin sa forme à la matière qui devient lame.
Un moment encore essentiel est celui de la trempe. Instant magique, instant à risque. Où la préparation des surfaces exposées plus ou moins violemment aux écarts de température structure le réseau des cristaux métalliques qui attribuera son caractère à la lame.
Avec les années qui passent et l’expérience qui s’acquiert, il consacre de plus en plus de temps à la phase de polissage. Entièrement à la pierre. C’est en effet la phase au cours de laquelle il sera possible de révéler la véritable identité de la lame. De lui donner à exprimer ou non son caractère. D’afficher son grain, sa force, sa souplesse, sa personnalité.
La naissance d’une lame est le fruit d’une série de gestes conscients et maîtrisés. Et, c’est pourquoi Christian Moretti, au delà de la réalisation des armes japonaises utilise maintenant ces techniques pour la plupart de ses pièces uniques car là est sans doute son plaisir profond, celui d’avoir donné naissance à une lame destinée à une arme ou un outil, qui porte en elle la sérénité de sa réalisation.
Christian Moretti

1- Années 1970, ouvrir la voie vers un artisanat authentique
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Chaudronnier, dinandier, ferblantier
Choix des matières, des outils et du geste artisanaux.
Positionnement clair et déterminé vers une activité et une philosophie artisanales qui laisse sa liberté à l’artisan qui la pratique.
Matière maîtrisée par la main de l’artisan, outils manipulés par la main de l’artisan. Formes uniques.
Seule chance pour l’artisan de ne pas se faire avaler par l’industrie et le commerce : la fabrication d’objets authentiques à forte valeur ajoutée.
Engagement dans la Corsicada mouvement artisanal englobant des artisanats de tous métiers. L’authenticité s’inscrit alors (nous sommes juste après 68) dans la culture locale et régionale .
Remettre à jour les racines culturelles et traditionnelles pour redonner vie à la création authentique.

2- 1985 ouvrir la voie vers la forge de lame, vers le renouveau du métier de fèvre coutelier
En 1985 le GRMT (Groupement pour la Recherche sur la Métallurgie Traditionnelle) fait venir Bill Moran au Musée du fer de Vallorbe en Suisse, et 15 stagiaires participent à cette formation qui porte sur la forge de lame et le feuilletage des aciers. Le GRMT étant placé dans une philosophie liée à la pratique des arts martiaux orientaux, la forge transmise pendant cette session en possède la rigueur et l’éthique.
Christian Moretti est de ceux-ci. Dès lors il adopte définitivement ces techniques qui vont dans le sens de sa propre éthique de l’artisanat. Il est l’un des premiers à exposer internationalement des pièces en aciers forgés main et feuilletés à Berne et Zurich, (avant même l’existence du SICAC).

3- 1989 ouvrir la voie vers le renouveau la métallurgie traditionnelle
E, 1989, toujours sous l’impulsion du GRMT et du celle du Musée de Nancy, un goupe d’adhérent du GRMT se cotisent pour faire venir du Japon deux maîtres japonais, Maître Ono Masami et Maître Wakita Ryosui, qui viennent transmettre leurs connaissances des méthodes traditionnelles de fabrication des sabres japonais. Il s’agit cette fois de partir de la matière première, le minerai, pour aller jusqu’à l’objet fini, le sabre.
Christian Moretti fait partie de ceux-ci et trouve enfin le moyen de l’indépendance totale de l’artisan fèvre coutelier: les compétences permettant de produire soi-même son acier.
Désormais toute son énergie est orientée vers l’acquisition de la maîtrise du procédé de réduction directe du minerai qui est le seul procédé qui peut être maîtrisé par un homme seul. Son objectif : être autonome dans la production de ses propres aciers.

4- 1990 ouvrir la voie vers le partage et la transmission des savoir-faire métallurgiques :Création avec Jo Antonini du CERM (Centre d’Ethnographie et de Recherche Métallurgique)

Objectif de l’association : centraliser les informations sur la géologie, l’histoire, la métallurgie de la Corse, lieu très ancien de métallurgie, pour créer un espace de partage et de transmission des savoir-faire anciens sur la métallurgie traditionnelle.
Ces recherches portent sur tous les métaux : fer et acier, cuivre, bronze, étain et plomb ….

5 – 2000 ouvrir la voie vers le renouveau du métier de féron

Chrisitan Moretti s’installe dans le Tarn et décide d’élargir son travail de transmission à l’ espace national. Il fonde Metallica, la sarl au sein de laquelle il s’exprime désormais. Il y dispense des formation de forge de coutellerie, et de métallurgie artisanale.
Des « férons » issus de cette formation seront validés chaque année.
Lutte quotidienne pour défendre le professionnalisme de ces métiers.
Pour éviter la vulgarisation de termes qui pourraient nuire à de futurs professionnels, courant 2002, il dépose auprès de l’INPI l’appellation « métallurgie artisanale » et le terme de « féron » réservé aux diplômés de Metallica.

6 – 2006 reconnaissance officielle
Depuis 2001 de nombreux professionnels ont été formés à Metallica et se sont installés à travers la France.
Mais Christian Moretti a aussi poursuivi son parcours d’artisan.
En 2005 il présente une canne-épée au concours « Pour l’Intelligence de la main » de la Fondation Bettencourt. Il est primé pour cette œuvre remarquable réalisée à parti de minerais de fer, de cuivre et de zinc.
Il forge aussi des katanas et d’autres grandes pièces pour des clients.

Le 15 février 2007, le ministre Arnaud Dutreil attribue à Metallica par décision ministérielle le label « Entreprise du Patrimoine VIvant ».
Ce label nouveau distingue et valorise les entreprises artisanales qui « fondent l’identité économique et culturelle française »

Christian Moretti, à travers Metallica peut poursuivre avec confiance son travail et ses recherches d’artisan et son accompagnement de formateur vers le renouveau des professionnels des métaux artisanaux..


Le fèvre est l’artisan qui élabore le métal en objet
Le féron est l’artisan qui transforme le minerai en métal.
L’œuvre de féron

« On n’insistera pas sur la sacralité du fer. Qu’il passe pour tombé de la voûte céleste ou qu’il soit extrait des entrailles de la Terre, il est chargé de sa puissance sacrée. » «(en se préparant à élaborer du fer) on a le sentiment de s’aventurer dans un domaine qui n’appartient pas de droit à l’homme, …on a surtout le sentiment de s’ingérer dans un ordre naturel régi par une loi supérieure, d’intervenir dans un processus secret et sacré…. on sent obscurément qu’il s’agit d’un mystère qui engage l’existence humaine »
Emprunter à Mircea Eliade ( Rites et mystères métallurgiques) quelques uns des mots qu’il a choisis pour parler des « forgerons et alchimistes » place d’emblée le sujet sur le niveau d’interrogations que suscite inévitablement le fait d’aborder la métallurgie du fer. Et si l’on décide de se détourner quelques instants de l’aspect industriel que la sidérurgie actuelle a dépouillé de son aspect céleste (sidéros en grec ) pour porter son attention sur l’aspect artisanal et universel de la métallurgie on en ressent immanquablement l’exigence précieuse et sacrée.
Pourtant.
Quoi de plus banal qu’un bas-fourneau. Simple cheminée élevée en terre, briques ou en pierres, ses dimensions à échelle humaine, se situant entre un ou deux mètres de haut, ne lui confèrent aucune prestance esthétique digne d’admiration.
Quoi de plus banal aussi qu’un minerai de fer, pierre parmi les autres, que l’on foule le plus souvent, ou que l’on utilise en fondations et remblais, inconscient de l’âme qui y sommeille.
Mais pourtant.
Qui peut prétendre rester indifférent en présence du déroulement alchimique d’une réduction de minerai de fer. Et à fortiori quel féron peut prétendre ne pas avoir été happé et bouleversé par sa fonction d’alchimiste accoucheur.
Depuis la nuit des temps, et en tous lieux du monde, l’homme chargé de la réduction du minerai de fer occupe une place particulière au sein de la société. Demi-dieu qui rivalise avec les dieux en fabricant les outils. Démon à part entière en fabricant les armes. Crainte et respect mêlés sont l’insigne d’un homme dont la société exige et reconnaît conscience et sagesse.
Où est le féron aujourd’hui.
En parcellisant les tâches l’industrie sidérurgique a dépouillé les hommes de leur capacité à maîtriser un processus. Vidant les gestes de leur objectif et de leur sens elle a doucement habitués ses ouvriers à accomplir des gestes déconscientisés, désengagés. Moyen puissant de potentielle et subtile manipulation.
Le bas-fourneau est outil d’artisan. Homme responsable de la totalité du processus. Responsable du métal qu’il élabore. Responsable de la couleur de la conscience qu’il insuffle au métal. Travail en conscience. Donneur d’âme. Choisissant seul de revêtir son personnage demi-dieu ou sa peau de démon.
En décidant de transmettre les savoirs de métallurgie qui lui ont été transmis, Christian Moretti se place volontairement dans la perspective de la renaissance de ce métier, de ce rôle. En actant vers la restitution de l’élaboration raisonnée et animée (du latin anima : âme) du métal à l’artisan.

Martine Séry
Le 5 février 2003

Sunday, February 11, 2007

HINKAKU

Bushido Compliance
Mar, 30. 2006

Recently, some books on Bushido have gone on to become the best sellers. One of them is “Bushido-A Bilingual & Illustrated version” (Mikawa Shobo), which has notes and commentary added to the classical masterpiece “Bushido” by Inazo Nitobe. And the other one is “Kokka no Hinkaku (Dignity of a Nation) (Shinchosha) by Masahiko Fujiwara. In 2003, the film “The Last Samurai” directed by Tom Cruise with Ken Watanabe in the lead role became quite popular. Bushido and Samurai seem to be the keywords when talking of modern Japan.

Fujiwara’s book that has already sold over 1 million copies is a criticism of excessive stress on rationalism and logicism. It positions “Emotions” and “Form” on the opposite end of the spectrum. Form is the criterion for behavior based on the spirit of Bushido. Fujiwara writes, “Excessive Americanization has made inroads not only in the economy but even in our society, culture and the national character”. He laments that the Japanese are no longer concerned about being called coward or vulgar.
It gives solace to those who are displeased with business restructuring, take-over, and vulgar prosperity and who feel that the present trend of “the survival of the fittest” as reflected in bundling of the people together into “the Winners and the Losers” is going too far. It also works as a tranquilizer for those who are vexed with the lack of manners among the youth and increase in the number of the so-called NEET (Not in Employment, Education or Training). On reading “The earlier Japanese were really marvelous people”, those who dislike antagonistic China and South Korea or powerful America must be feeling proud. There are definitely many factors in this book that make it the best seller.
On the other hand, there is also criticism that such spiritualism should be shunned as it leads to nationalism.
Inazo Nitobe’s Bushido was originally published in America in 1899 in English. It was entitled “Bushido – The Soul of Japan”. It evoked interest across the world and was translated into many languages such as German, French and Chinese. Its Japanese version was published in 1900. It used typical terms like Makoto (honesty), Chugi (Loyalty), Hinsei (Character), Seppuku (Hara-kiri) and the Yamato(Japanese) spirit.
Soon thereafter, Russo-Japanese war broke out in 1904, which ended in Japanese victory in 1905. The victory was attributed to the Bushido.
Tetsujiro Inoue, a philosopher, poet and a Professor of the Tokyo Imperial University of the time, and Sukemasa Arima, a thinker co-authored the book “Bushido Classics” in 3 volumes soon thereafter. Major Publisher and Hakubunkan also published several books on Bushido such as “Theory of Bushido”, “Bushido Percepts” in rapid succession. It was around 1907. After the Meiji Restoration, Bushido was indeed a popular concept as the “Dignity of Nation” during the process of building of the nation.
Bushido concept is said to have been adopted as the norm for the Imperial Army. Imperial Instructions for military were issued in 1882 and they were based on the Bushido. Norms that constituted the standards for the warrior class became the foundation for the military formed by the commoners. It had 5 pillars namely loyalty, etiquette, valor, faithfulness and frugality. It is impossible to assume that they alone led to victory in the Russo-Japanese war but the basis for the argument that Bushido was behind the victory lies here.
Excuse me for being personal but my grand father Tatsuo Ninagawa, a moralist too wrote “History of Japanese Bushido” at that time published by Hakubunkan. He wrote grandiosely “Since the Russo-Japanese war, research on Bushido is a matter of great importance for everyone from politicians to businessmen, military-men and scholars”. He wrote in the conclusion that righteousness, integrity, honesty and valor ought to be practiced in business and it amounts to the so-called ‘gentleman-ship’ of the British. Indeed, isn’t it similar to ‘compliance’ in the corporate world in today’s jargon?

Publisher
Masao Ninagawa

Tuesday, December 26, 2006

::FUDOSHIN::





What is Fudoshin?







The most famous and articulate source of information relevant to the concept of fudoshin is the letter written by the Zen Buddhist priest Takuan to the master swordsman Yagyu Munenori of the famous Shinkage-ryu school of fencing during the first half of the 17th century.


The letter is titled in Japanese Fudochi Shinmyo Roku, and is variously translated, but carrying the notion of "Divine Record of Immovable Wisdom." "Immovable Wisdom" or fudochi, expounded on as it is by a Zen priest, is a rather paradoxical concept. As we shall see, in its application the term connotes a mind that is at once firmly in place and yet ever moving.



For help in understanding, we can turn to the translation and commentary on Takuan's letter by the late D.T. Suzuki, arguably Zen's most adept interpreter to the West.




Suzuki relates Takuan's treatise, which he translates as The Mystery of Prajna Immovable, to the Buddhist concept of transcendental wisdom (the Sanskrit prajna). When applied constantly, it is the mind of Buddha, the state of ultimate enlightenment. Takuan and Suzuki further relate fudochi to the Buddhist guardian Fudo Myo-o (Sanskrit Acala-vidyaraja), the Immovable, who protects Buddhism with his sword, rope and glaring fierceness. He is the destroyer of delusion, unaffected by the seduction of worldly attractions. In his unassailable detachment, Fudo Myo-o is the steadfast image of the mind unmoved by carnal temptations. Immobility from the enlightened state is accomplished by maintaining a mind that remains detached, that is, a mind that does not stop or become fixated on any one thing.




The main thesis of Takuan's letter. . .consists in preserving the absolute fluidity of the mind (kokoro; alternatively -shin) by keeping it free from intellectual deliberations and affective disturbances of any kind. . . The Mind in its suchness is at once movable and immovable, it is constantly flowing, never "stopping at any point, and yet there is in it a center never subject to any kind of movement, remaining forever one and the same.



Takuan's letter to the famed Yagyu master swordsman, official instructor to the third Tokugawa shogun, makes it clear that attaining this unfettered and imperturbable mind is at the core of true mastery.




Applied in the context of the samurai swordsman, the unmoving and unstopping mind is one that will remain free from fixation on either the enemy's sword as it cuts at him, or by his own cut in defense. In such a state of mind, he spontaneously, naturally and effectively responds, without an instant's hesitation (or in less than a "hair's breadth" of time, in Takuan's imagery).




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Monday, December 25, 2006

happy new year;-)


Tsutsushinde shinnen no oyorokobi o moushiagemasu.


謹んで新年のお喜びを申し上げます。
Photo of miniseminar of SHINKAGERYU in Paris 16th december 2006
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